La monnaie (partie 2)

Publié le par gigi

Après l'aspect historique, et vu comment on a été ammené à avoir une monnaie complètement abstraite, nous allons voir son role économique.

La monnaie a plusieurs utilités :
- Elle sert d'abord d'intermédiation dans les échanges. C'est la contre partie de la vente ou de l'achat d'un bien, et donc elle a un pouvoir d'achat reconnu par tous. Si cela n'était pas le cas, et que votre voisin ne reconnaisse pas votre monnaie, elle ne sert à rien puisque vous ne pouvez pas l'échanger ! C'est un aspect fondamental: on doit "croire en la monnaie" pour qu'elle existe. Nous y reviendrons dans d'autres articles (à propos des dévaluations, de la planche à billet...).
- C'est une unité de valeur, fractionnable, factorisable. Elle permet d'évaluer des biens et des services hétérogènes, elle fixe la valeur du produit échangé. L’utilisation des monnaies de compte est fréquente quand on a besoin de comparer à des unités anciennes plus familières (ex : la livre, le francs) à des monnaies étrangères (ex : dollars).
- C'est une réserve de valeur. Pour que les échanges puissent se développer, il faut que l’on puisse vendre quelque chose sans avoir pour autant envie d’acheter pour une quantité équivalente : scinder en deux le circuit achat-vente, afin de distinguer les deux spirales. Pour que ce soit possible, il faut que l’on puisse conserver un certain temps, sans risque de perte, la monnaie que l’on a obtenue en échange des produits vendus ; on peut conserver une richesse sans la dépenser tout de suite.

Keynes, dont l'oeuvre principale (Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie) a bouleversé la façon de voir l'économie, écrit que notre désir de détenir de la monnaie pour elle même est lié à 3 objectifs :
- l'achat, ou le motif de transaction (le désir de la réalisation courante des échanges personnels et professionnels);
- l'épargne, ou le motif de précaution (le désir de sécurité en ce qui concerne l'équivalent futur en argent d'une certaine proportion de ses ressources totales);
- la Bourse, ou le motif de spéculation (le désir de profiter d'une connaissance meilleure que celle du marché de ce qui réserve l'avenir).

La semaine prochaine, nous verrons son role social et politique.

Publié dans Formation

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Raphaël DIDIER 27/04/2008 19:50

Vous avez raison de parler de la révolution keynésienne, puisque Keynes a réhabilité une vision de la monnaie avec un concept de préférence pour la liquidité.