La monnaie (partie 4)

Publié le par gigi

L'argent... Il y a ceux qui en ont, et ceux qui en ont pas ! Alors les seconds empruntent aux premiers... Nous allons voir aujourd'hui quel mécasmismes permettent aux 2 parties de se "rencontrer". le thème est donc le financement.

Ceux qui possèdent l'argent, ceux qui ont une capacité d'épargne supérieure à l'investissement (au sens large) sont:
- Les ménages ;
- Les sociétés financières ;

Ils financent donc les seconds, ceux qui nécessite des financements. Il s'agit de:
- Sociétés non financières:
Elles ont des besoins importants en matières d'investissements matériels, besoins qui ne couvrent généralement pas l'épargne cumulée.
- Les administrations publiques:
Elles sont structurellement en déficits depuis plusieurs décennies : déficit de la sécurité sociale, vieillissement démographique expliquent la progression des dépenses de santé et de retraites. La progression des dépenses a été plus rapide que celle des recettes en raison du ralentissement de la croissance économique.

Le financement peut se faire de 3 façons distinctes:
- Prêt d'argent, contre des intérêts, auprès d'une banque. Le financement est indirect, car le prêteur n'est pas la banque, mais provient des dépots des épargnants.
- Prêt sur les marchés: il s'agit des obligations. Là, le financement est direct, puisque ceux qui ont de l'argent souscrivent aux obligation, en connaissance de cause, sans passer par l'intérmédiaire "banque".
- Emission d'actions. Le financement est là aussi direct, puisque en échange d'une part du capital (et même plus, nous verrons cela lors de la présentation des marchés financiers), le souscripteur fournit des moyens financiers.

Notons que la société est progressivement passée d'une économie d'endettement à une économie de marchés financiers. Ainsi, le financement direct prend de plus en plus de place par rapport au financement indirect produit par les banques. Ce phénomène est celui de la désintermédiation financière (les banques jouent moins un rôle d'intermédiaire entre les emprunteurs et les prêteurs pour l'obtention d'un financement) ou, à l'inverse, de la financiarisation croissante de l'économie (appel aux marchés financiers).

Plusieurs explications sont avancées :
•    Dans une économie dites d'endettement, les emprunteurs vont se financer dans les banques, qui se refinancent elles-mêmes à la Banque Centrale. Cette structure de financement ne donne pas assez de visibilité (multitude de taux d'intérêt) et ne permet pas une confrontation globale entre la demande et l'offre de capitaux via une seule variable : le taux d'intérêt (le prix de l'argent).
•    Des réformes financières ont permis le financement des agents non financiers (entreprises) par l'émission de titres dans les bourses. Leur objectif était d'instituer un marché unifié de capitaux accessibles à tous et couvrant toutes les échéances (du très court terme et très long terme).
•    La croissance des marchés financiers a été assurée par la création de nouveaux marchés et de nouveaux instruments financiers (les billets de trésorerie : titre de créance émis par les entreprises ; certificats de dépôt : titre de créance émis par les intermédiaires financiers).

La conséquence de la confrontation globale entre l'offre et la demande des capitaux est une politique monétaire qui a, aujourd'hui, comme principales variables d'ajustements les taux d'intérêt. Ces taux d'intérêt sont l'EONIA pour le taux au jour le jour et le EURIBOR pour les taux allant de 1 à 12 mois.

Publié dans Formation

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Raphaël DIDIER 27/04/2008 19:36

Je rajouterai une précision : lorsqu'on parle de désintermédiation, on commet en général un petit abus. En effet, pour émettre par exemple des obligations sur le marché, une entreprise fera appel à une banque d'affaires. De même pour le cas d'une fusion-acquisition. Ainsi, on fait toujours encore grandement appel à la banque, mais plus au même métier de la banque. C'est ce qui a poussé certains groupes bancaires à proposer des palettes très larges de métiers et à tendre vers "la banque universelle" avec plus ou moins de réussite d'ailleurs...