7 ans après le 11 septembre 2001

Publié le par gigi

C'est en 2000 que la Bourse a connu son précédent plus haut. A l'époque, c'était les valeurs "internet" qui étaient montées au ciel. Les valorisations étaient délirentes: Pour justifier des prix hors de mesure, on vait changé la mesure de valorisation: le Chiffre d'Affaire, le PER, c'était ringard.

Par exemple, on valorisait France Télécom par le nombre de clients avec un coefficient multiplicateur. Chaque client "valait" 1000€ par exemple. Ainsi, avec 50 millions de clients, l'entreprise était valorisé 50 milliards (tiens... c'est la capitalisation actuelle du titre). Maintenant, imaginons qu'un client vaille 10.000€ ? Et bien vous multipliez par 10 le prix de l'action (tiens: on retrouve la capitalisation équivalente de l'époque 2000). Etait-ce raisonnable ? Assurément non, mais il fallait se replacer dans le contexte de l'époque, où rien qu'en annoncant avoir un projet de e-commerce, les investisseurs se bousculaient pour acheter vos titres.

Ce qui suivi fut logique: une prise de conscience, et une chute des valeurs "internet", le marché faisant alors le tri entre les "bonnes" valeurs, et les "mauvaises" valeurs. Cela a pris 3 ans avant une nouvelle hausse des marchés action. Le 11 septembre 2001 a eu lieu vers la fin de la première phase de purge, et bien que l'on retienne cette date pour les attentats dramatiques à NewYork (un vrai traumatisme), boursièrement parlant, cet événement n'a pas été fondamental: ce n'est pas parce qu'il y a eu des attentats que la bourse a baissé jusque 2003, mais bien par l'exagération de la bulle internet.

Internet, c'est un peu comme les chemins de fer: un extra-ordinaire pas en avant pour nos sociétés, comme le furent le siècle passé les chemins de fer.

Que vivons nous maintenant ? Une nouvelle bulle qui vient de finir son éclatement (du moins la première partie). Cette fois ci, ce n'est pas la technologie qui est en cause, mais l'invention de techniques financières, qui seront un grand pas en avant pour l'avenir:

- La titrisation n'est pas mauvaise en soi, bien au contraire: cette technique est faite pour diluer les risques auprès d'un plus grand nombre d'investisseurs, afin de ne pas faire supporter aux seules banques, le risque. Seulement voilà: dans la réalité, ce furent les banques qui ont détourné l'usage qui en était prévu, en voulant toujours plus de profit. Elles ont traverti la réalité, en vendant des produits notés AAA, alors qu'en fait c'était des produits C qui étaient proposés...

- L'IFRS, ou la valorisation actualisée, n'est pas mauvaise en soi non plus: elle permet d'avoir une vision plus juste des actifs détenus par les sociétés. Mais en valorisant ainsi, lorsque le cours monte, les actifs gonflent, ce qui fait monter le titre, et augmente l'instabilité.

- Le développement des produits dérivés, tels les Turbos, CFDs ou Warrants pour les particuliers, ou de façon plus restrainte le Forex, le MONEP, le FCE, les options digitales, ... a été extraordinaire depuis une vingtaine d'années, et plus particulièrement dernièrement. Ces produits en soi ne sont pas mauvais: il permettent de se couvrir, ou de spéculer. Mais il faut mettre des limites au levier pour éviter les faillites trop fréquentes (de nombreux Edge funds disparus récemment)

En attendant, nous constatons la fin des grands établissements d'investissements, et c'est un choc pour la communauté financière toute entière. Ainsi, l'impact financier de la faillite de Lehmann n'est pas très important: Cela ne concerne qu'une petite partie du monde financier, le bon peuple ne connaissant souvent même pas l'établissement en question ni ce qu'il faisait. Par contre, l'impact psychologique est énorme, et touche tout le monde, un peu à l'image des attentats du 11 septembre 2001...

Publié dans Actualité

Commenter cet article