Bilan 2008.

Publié le par gigi

Cette année a été marqué par le passage de la crise des "Subprimes" vers une crise économique. Nous allons brievement résumer les évenements passés qui nous ont conduit là:

1/ Mi-2007: Eclatement de la crise des "subprimes" proprement dite.
Le marché <<déccouvre>> que l'on a prêté inconsidérément à des gens sans ressources, ou tout du moins, dont les ressources ne permettraient pas de rembourser les prêts. C'est aux Etats-Unis que cela se passe. Et là-bas, quand vos dettes dépassent vos actifs, vous pouvez tout effacer d'un trait et repartir de 0 ! C'est ainsi que nombre d'américains ont effacés leurs dettes, constatant que le prix de leur bien était bien inférieur à la dette qu'ils devaient à la banque.

2/ Mi-2007 encore: La BNP annonce qu'elle ferme 3 fonds monétaires "pour garder à égaliter les souscripteurs". Elle annonce que dès que le marché sera calmé, elle envisagera la réouverture de ces fonds, qui détiennent des produits illiquides.
Stupeur... L'une des banques les plus solides ferme des fonds monétaires. Mais quel est donc le lien avec l'immobilier américain ? Et bien tout simplement, les crédits qu'ont souscrits les américains, se sont retrouvés <<reconditionnés>>, et revendus ainsi packagés. La BNP a été la première à avouer. Elle a rouvert à l'automne ses fonds, et annoncés que pour elle, c'était tout. Les autres banques (Société Générale, Dexia, Natixis, ..) n'ont jamais rien avoué en 2007, et donc semblaient épargnées. Ainsi, seule l'une des banques les plus socides avait touché à ces "packages" pour booster ses sicav monétaires ?

3/ Début 2008: Affaire Kerviel ! Perte de près de 5 milliards au débouclage des positions surdimentionnées du trader. Au passage, Daniel Bouton, PDG de la Générale, indique qu'il y a aussi 200 millions à ajouter pour les <<Subprimes>>. Personne ne croit à l'affaire, et pense que cette affaire sert à masquer des pertes. Ce fut partiellement vrai, car quelques semaines plus tard, les 200 millions de pertes se sont transformés en 2 milliards. Visiblement, on ne savait pas bien compter dans la banque... La défiance envers le système commence à prendre forme, et attendra son apogée en septembre, lors de la mise en faillite de Lehmann Brother. "Too big to fail": et bien non ! Les autorités américaines ont décidé de prendre un exemple, pour ne pas donner l'impression de l'impunité. Dans le principe, cette réation était très bonne, morale. Maizs dans les faits, celà n'a fait qu'augmenter la suspiscion, et les banques ne se prêtent plus entre elles (voir le point 5).

4/ Mi-2008: le pétrole ne fait que monter. Il est à 150$ avant l'été, et tout le monde prédit qu'il serait vite à 200$, et qu'on allait en manquer. Il faut d'urgence économiser, sinon, c'est la fin. Cette flambée de l'or noir a affaibli l'industrie, fait baisser la consommation effectivement, au point que la récession a commencé (voir le mécamisme de 1973 du premier choc pétrolier). Dès que la récession a commencé à s'installer, le pétrole a baissé, mais c'était trop tard: le mal est fait. Pour moi, ce qui a déclenché la recession, c'est bien la sur-évaluation temporaire de l'or noir, et non la crise financière, qui n'a fait qu'emplifier le phénomène. Depuis que la crise est là, le pétrole, au lieu d'aller vers les 200$ comme toute la comunauté le prédisait, rejoint les 40$ ! Une chute vertigineuse, à l'image de la crise à venir en 2009.

5/ Chute de Lehmann Brother. Lassés de devoir renflouer les établissements financiers qui ont fait des bêtises (voire ont été totalement inconscient et irresponsable), les autorités décident de lacher un grand, pour marquer les esprits, et pour donner une leçon: on ne fait pas n'importe quoi sans être puni. Le résultat ne s'est pas fait attendre, avec le gel total du marché interbancaire. Comme on ne pouvait plus faire confiance aux états en cas de mésaventure d'une banque, et bien, on ne se prête plus, car on ne sait pas ce qui se cache derrière chaque établissements. Les mensonges répétés depuis des mois sur la senté financière des banques, toujours démenties au dernier moment, ont fini par faire douter de tout. Quand on doute, on se fige. C'est ce qu'ont fait les banques.  Les banques centrales ont dû alors jouer leur rôle de prêteur en dernier ressort, innondant le marché de liquidités.

6/ Novembre : Baisse des taux.
Vu le blocage du système, en plus de prêter directement, les banques centrales ont baissé les taux, espérant une reprise de l'activité. Mais voilà: les banques ne veulent plus prendre aucun risque, et ne prêtent même plus aux entreprises... Le système est proche de l'effondrement, car sans financement, les entreprises meurent, les particuliers ne consomment plus, voire pensent à retirer leurs fonds des banques, ce qui agraverait encore la situation. Ce qui est le pire est donc un blocage de la circulation des monnaies. De gros efforts ont été déployés pour "forcer" les banques à jouer leur rôle, ce qu'elles recommencent à faire, mais très mollement.
Notons que la BCE a fini par baisser aussi ses taux, renonçant ainsi à sa "lutte contre l'inflation", et permettant enfin un coup de pouce aux entreprises en leur permettant d'emprunter moins cher. C'est trop tard pour arrêter la récession, mais cela peut l'adoucir

Que nous réserve 2009 ?

Sans doute une crise économique très prononcé, si on en croit les cours de bourse qui ont chuté de moitié depuis le plus haut.
Une inflation faible, voire une déflation est possible, car la consommation sera en berne si le consommateur ne reprend pas confiance.
Une baisse de l'immobilier qui va se poursuivre (et ce encore pendant 5 ans très probablement)

... Et ensuite ?

Une forte inflation, voire une hyper-inflation. Tout cet argent injecté va finir par être utilisé et non thésaurisé. Ce seront alors les obligataires qui vont payer: les états, fortement endettés, vont ainsi alléger indirectement leurs remboursements par la reprise de l'inflation.

Une forte remonté du prix des matières premières, due à l'inflation mais aussi à la forte demande. En temps de crise, les métaux ne valent rien, mais quand l'activité reprend, on se les arrache. Il suffit pour s'en convaincre de suivre le cours d'Arcelor, qui vit au rythme de la crise. Plus généralement, les actions reprendront de la valeur, ou au moins permettront à leur détenteur de conserver leur pouvoir d'achat (ce qui ne sera plus le cas du cash, ni des obligations). L'immobilier, après avoir baissé de 50% environ (vers 2014), reprendra aussi, et sera aussi un bon moyen de se protéger de l'inflation, puisque le prix du logement est indexé sur les salaires.

Quand à la confiance dans les marchés, cela prendra de longues années, et les particuliers reviendront, comme d'habitude, lorsque le rattrapage sera fait. Une nouvelle crise surviendra alors...

En attendant, bonnes fêtes de fin d'année !

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