CAC40 sur 20ans: Comment est-ce possible ?

Publié le par gigi

Voici le graphe du CAC40 depuis 20 ans, soit presque sa création, à 1000 points fin 1987:

On y retrouve une première période de hausse, qui fait grimper le CAC40 de 1000 points à un "couloir" entre 1500 points et 2400 points qui durera presque 10 ans, jusque 1997. Puis, sous l'impultion des "nouvelles technologies", on a vu une flambée irrationnelle  des cours, qui a fait grimper l'indice jusque près de 700 points en 2000. On savait qu'il y avait une bulle dès fin-98 (et pourtant le CAC40 était aux alentours de 4500 points à l'époque), car les PER se tendaient dangeureusement. Mais on croyait à l'époque que les arbres montaient jusqu'au ciel, et que des croissances à 2 ou 3 chiffres durant des années étaient devenues possibles. "A bas l'ancienne économie ! Vive Internet!" criait-on partout... La chute qui s'en suivi fut sévère, avec un creux en 2003 à 2400 points, où le CAC40 était largement sous-évalué... Il ne resta d'ailleurs sous 2900 pints à l'époque qu'un mois, guère plus. Les intervenants trouvant que finalement seul la technologie avait été survalorisée... On repartit alors à la hausse, reprenant confiance doucement, jusque 2007, où le CAC40 a culminé à 6000 points. On se demandait alors, parmis les analystes techniques, combien de temps il faudrait pour que le CAC40 franchisse les 10.000 points. Qui s'en souvient encore... ? Les plus pessimistes des analystes pariaient à l'époque au pire pour 2015, et la majorité misait pour 2010. Tout devait "aider" les actions: les obligations étaient trop cher, l'immobilier aussi, bref, il n'y avait pas de choix: seules les actions offriraient du rendement, et justement, elles n'étaient pas cher...

Mais voilà, c'était sans compter sur la crise dite de façon malpropre des "subprimes", importée des USA, qui fit s'écrouler cette belle mécanique et les prévisions qui prévalaient. Depuis lors, le CAC40, qui fondamentalement n'était pas sur-évalué (en comparant aux bénéfices des entreprises, il n'avait guère grimpé depuis 2003, les entreprises ayant entre temps largement favorisé les retours sur investissement et la rentabilité à court terme des fonds propres), se met à chuter, comme tous les actifs dans le monde. Tout fût ballayé, avec une force d'une violence incroyable, pour mettre les indices au tapis. Une division par 2 alors que les actifs n'étaient pas cher, il y a de quoi se poser des questions...


Toute la cause n'est pas les "sub-primes", comme on peut le lire partout, mais la confiance. Quand les entreprises mentent sur leur activité (cas typique: Madoff), embellissent leur perspectives, n'effectuent pas leur métier (contrôle interne déficiant, honnêteté à revoir...), on s'étonne que l'on se méfie des titres cotés... Et malheureusement, on rejète tout en bloc, et pas seulement les secteurs, ou les acteurs fautifs. C'est la grande erreur du moment à mon avis que les moutonniers que sont les gérants influants font en "bradant" tous les actifs, sans distinction, pour trouver du cash à tout prix. Ne nous écartons pas aussi de notre responsabilité personnelle:
- En tant qu'actionnaire, nous sommes aussi fautifs: pourquoi laisser aux directions le soin de s'octroyer des stocks-options  en masse, des salaires qui n'ont rien à voir avec la "vraie valeur" (tout comme les sportifs de haut niveau, qui ne méritent pas non plus de toucher 100 fois, voir 1000 fois le salaire de base !) ? Faisons entendre notre voix aux assemblées. Cela ne servira à rien si les médias ne relayent pas (ce qui est fort possible vu leurs dépendances...), mais sans essayer, on n'arrive à rien.
- En tant que salarié, nous sommes fautifs: pourquoi travailler pour des entreprises dont le seul but est de faire le plus d'argent, non pas pour le redistribuer équitablement entre salariés, clients, et actionnaires, mais pour le détourner au profit des directions dont les augmentations dépassent largement la moyenne alors qu'ils sont déjà sur-payés ? Autrefois, l'objectif d'une entreprise était bien entendu de faire des bénéfices, ce qui est normal. Mais la redistribution n'était pas aussi inégalitaire. Du temps où le PCF existait encore (d'accord, c'était il y a 30 ans !!), l'écart était de 1 à 10 dans l'échelle des salaires, les sportifs ne touchaient pas des montagnes d'or et étaient accessible. Les salariés étaient récompensés par leurs efforts (la part de redistribution dans les salaire était alors supérieure à la redistribution aux actionnaires). Actuellement, l'écart est de 1 à 100, voire 1000, les sportifs touchent des sommes démentielles, et sont rendus innaccessibles (sauf pour les médias qui font les interview...).

"Comment est-ce possible ?" titrais-je... Et bien tout simplement à cause de la perte totale de confiance au système. L'étape ultime de cet abandon de confiance serait la perte de confiance dans la monnaie... Le chaos ne serait alors pas loin. Espérons donc que l'arrivée d'Obama change au moins symboliquement les choses, et que l'on voit un minimum de retour de l'honnêteté, source de confiance, ce qui ferait repartir les actions, et l'économie ensuite (avec un décallage de 6 à 9 mois). Rien n'est gagné d'avance, mais gardons l'espoir... contrairement à la majorité des "ATistes" moutoniers qui prédisent actuellement un CAC40 à 1000 points, voire 500 points (avec des paliers, comme toujours), ce qui, par extention de la courbe serait "possible" et arriverait avant la fin de l'année.

Publié dans AT - Analyse Technique

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