Apple perd son fondateur.

Publié le par gigi

Steve Jobs est mort, à 56 ans seulement, d'un cancer. Il représentait à lui seul le monde "Apple" et une certaine conception du monde numérique dans lequel il a baigné.

 

J'ai voulu lui rendre homage, en publiant un article retraçant son histoire, enrichi de liens vidéos vers l'INA.

 

Pour introduire cet article, regardez cette Archive de l'INA de 1981 sur la SILICON VALLEY:


http://www.ina.fr/video/CAB8400795601/silicon-valley.fr.html

 

Cela démarre donc avec " l'Apple-I " sorti en 1976 par les 2 fondateurs: Steve Jobs et Steve Wozniak, son ami d'origine polonaise. Suit l' Apple-II, plus attractif car en couleur dès 1977. L'ordinateur est bien plus cher que la concurence qui utilise le même processeur (6502) comme l'Oric ou le Commodore64, mais trouve son marché grâce aux possibilités d'extentions (que n'ont pas les machines de l'époque). Peu d'acheteurs ont sans doûte utilisé cette possibilité d'ajout de carte, mais l'argument marketing a fait mouche.

Vient ensuite le "Macintosh", une petite révolution, basé cette fois sur un processeur Motorola, le 68000, et surtout l'arrivée de la souris. L'ordinateur est sorti en 1984, et marque une rupture par rapport aux autres machines grace à ce dispositif de pointage que personne n'avait eu l'idée de commercialiser avant lui ! Pourtant, la souris existe depuis 20ans déjà: Steve Jobs ne fait "que" reprendre une idée mise au point en 1963 par l’américain Douglas Engelbart du Stanford Research Institute (SRI). D'un seul coup, l'ordinateur se simplifie, avec une interface graphique, et fait son entrée dans les secrétariats (il y a un excellent traitement de texte WYSIWYG, à des année lumières en avance par rapport à ce qui se fait sur les PCs qui émergent), dans le monde de l'édition, et dans le monde de la musique.

 

C'est à ce moment là que Steve Jobs se fait jeter de sa propre société (en 1985), et va fonder "NeXT". Il sort alors sa première station de travail après 3 ans de travail, le NextCube (en 1988), suivi par le NeXTstation (en 1990). Techniquement, c'était une machine au top, basée sur le processeur motorola 68030 (NextCube) et 68040 (NeXTstation), d'un FPU 68882 (coproc mathématique), d'un DSP 56001 (pour les traitements multimédia), et de 2 contrôleurs 6 canaux DMA. Au niveau de la connectique, c'était très complet: SCSI, RS-423, Ethernet... Sa diffusion fut confidentielle à cause d'un coût trop élevé ne rendant pas l'accès possible au grand public. Pourtant , la machine était fabuleuse.

 

A partir de 1985 donc, peu à peu la diversité en informatique disparait: Atari, Commodore, Amstrad, ... disparaissent, au profit d'un marché dominé par les PCs d'IBM (et ses clones),et les Mac d'Apple. Next n'émergerra pas.

Les PCs ont alors dominé le marché de l'informatique personnelle, grâce à une architecture ouverte, permettant une concurence féroce entre constructeurs, l'émergeance d'une multitude de cartes additionnelles permettant des configurations variées, et la baisse des prix, et une offre logicielle gigantesque. Face à celà, Apple a conservé un système fermé, vérouillant tous les logiciels diffusés. Si Apple a pu résister malgré un prix de vente bien plus élevé, c'est grâce à l'avance technologique de son système d'exploitation, des bugs bien moindre, et une communauté qui défendit fièrement la marque contre les PCs. Il y a alors clairement 2 mondes... Celui du PC sous Windows, largement majoritaire, et celui du Mac, tout comme de nos jours, il y a le monde du PC sous Windows, et le monde du PC sous Linux (les Mac sont des PCs de nos jours: ils partagent les mêmes composants en particulier le processeur Intel. Apple a laissé tomber Motorola).

 

Steve Jobs a donc essuyé un échec avec Next: Malgré la haute technicité de la machine, il a compris que sans marketing puissant, on ne vend pas ! Il revient alors chez Apple qui est proche du dépôt de bilan, écarte le président d'Apple de l'époque (Gil Amelio), et prend le poste de PDG pour 1$ !! (mais se fait payer en Stock-options). Il a compris de son expérience chez NeXT, que l'informatique ne peut lui permettre de concurencer le monde PCs frontalement, et a la géniale idée de tourner son ancienne société vers des produits périphériques, avec toujours l'idée de la simplicité d'utilisation.

Il sort ainsi en 2001 l'iPod. Ce n'est pas une révolution. Il y a déjà beaucoup de lecteurs mp3 sur le marché, mais il arrive à imposer sa machine grâce à iTunes, un système encore une fois fermé (ha ! le protectionnisme chez Apple, c'est quelque chose !!), et grâce à une communication marketing très efficace. Le prix ne rebute pas les utilisateurs,  à partir du moment où le produit est attractif: il l'a bien compris, ses produits sont vendus 2 fois plus cher que la concurence, mais avec un système "fermé", interdisant l'intrusion de la concurence, et des clients captifs ! La société, qui était au bord du dépôt de bilan à son arrivée, va mieux. l'iPod est un succès. Les titres se vendent bien sur iTunes.

Il réitère quelque année après, avec l'iPhone. Là encore, techniquement, rien de révolutionnaire. Il utilise les mêmes composants que la concurence, et revend son produit 2 fois plus cher. Seulement, là encore, le produit est fignolé, et très facile à utiliser. Alors que la concurence sort des produits GPRS, voire UMTS, Apple ne sort qu'un GSM, complètement "has-been" techniquement parlant. Mais il y met un grand écran ! Là où la concurence miniaturise les téléphones, Apple sort une grosse machine à contre courant de l'évolution du marché. Son gros écran, et une interface utilisateur intuitive dénote et fait mouche. Le marketing à l'appui, basé sur l'image d'Apple un peu rebèle, la maitrise de la difusion de l'information afin de "faire envie", n'y est pas pour rien non plus. C'est le succès immédiat ! Face au succès du produit, les leçons que devraient retenir les manageurs sont les suivantes:

1/ Il n'est pas besoin de sortir un produit en premier pour réussir à s'imposer sur le marché; Apple a sorti un GSM presque 10 ans après la diffusion des premiers mobiles;

2/ Il faut sortir un produit débuggé, quitte à retarder sa sortie, pour avoir une qualité irréprochable; Quand on veut faire payer cher, il faut en contre-partie un produit irréprochable. Si l'iPhone marche en face d'Android, ce n'est pas pour rien...

3/ Le prix n'est pas un frein à l'achat si le produit est perçu de qualité, et positionné marketingment parlant, comme un produit de luxe. Sinon comment expliquer le succès d'Apple ?

Second produit de diversification pour Apple, et second succès pour ce PDG hors du commun, qui met en avant l'innovation logicielle au service de l'utilisateur.

Enfin, plus récemment, l'iPad sort des tiroirs (2010). Steve Jobs pense que les Netbooks n'ont pas d'avenir, et présente une machine de taille équivalente, mais sans clavier: la tablette. Il la présente comme une possibilité de faire payer les lecteurs de contenu, et se met donc toute la presse écrite de son coté, lui assurant une publicité gratuite évidente... C'est très malin de sa part, mais commercialement, qui paiera un contenu jusqu'à présent gratuit ? Pour l'instant, ce n'est pas probant. L'Ipad sera la dernière diversification de la marque sous l'impulsion de Steve Jobs. La marque continue aussi dans le monde de l'ordinateur (MACbook Air, Macbook Pro, iMAC, Mac mini, MacPro), mais cette partie représente désormais une part faible des revenus comparé aux produits de diversifications (les séries iPod, iPhone, et iPad).

 

Ceci achève ma rétrospective de cet industriel comme on aimerait en avoir à la tête de sa société; il n'a pas de diplôme de grande école, et pourtant il a bien plus marqué que bien des PDG sortis des Havards et autre école prestigieuse. Il avait une vision, et ne basait pas la réussite de sa société sur le profit à court terme. Une telle histoire serait impossible en France, où l'on est complètement sclérosé par un système qui ne donne pas sa chance aux entrepreneurs, et où l'ordre social établi est solidement maintenu par des personnes sorties des grandes écoles, qui vérouillent tout accès aux postes de management pour leurs copains de la même caste, sans laisser aucune chance aux autres.

 

Les homages à ce grand entrepreneur sont très nombreux. On retiendra en particulier celui du président des états unis:

« Steve Jobs faisait partie des plus grands innovateurs américains, suffisamment courageux pour penser différemment, suffisamment intrépide pour se croire capable de changer le monde et suffisamment talentueux pour y parvenir », a déclaré le président des Etats-Unis Barack Obama, ajoutant que le monde avait « perdu un visionnaire ».

 

Les marchés financiers retiennent ceci: "Limogé de sa société en 1985, Steve Jobs était revenu à la tête du groupe en 1997, au moment où celui-ci était au bord du dépôt de bilan. Mesure boursière du chemin parcouru depuis, Apple est actuellement la deuxième capitalisation boursière mondiale, derrière Exxon."

 

 

Financièrement, la fortune de Steve Jobs provient principalement de la vente de Pixar (Apple le rend millionnaire, Pixar le rend milliardaire): Il a acheté la société à Geoges Lucas pour 5 millions $ en 1986, et la renfloua pour le même montant, soit un montant total de 10 millions $ investi. Après la sortie de ToyStory (pour Disney) suivi par d'autres titres d'animation à succès(*), la compagnie fut rachetée pour 7,4 milliards $ en actions par Disney.

Selon Wikipédia, "En 2011, il est considéré comme la 34e fortune américaine et la 110e fortune mondiale".

 

(*) Productions Pixar:Toy Story (1995), 1001 Pattes (1998), Toy Story 2 (1999), Monstres et Cie (2001), Le Monde de Nemo (2003), Les Indestructibles (2004), Cars (2006), Ratatouille (2007), WALL-E (2008), Là-haut (2009) et Toy Story 3 (2010)

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chichery 18/10/2011 23:56


Bonjour

pouvez vous me donner la meilleure facon de se placer sur le monep : ou ouvrir un compte et ou trouver les produits ?auriez vous un téléphone pour faciliter la chose , mon contact skype est
chichery.alexandre
vu la crise avenir sur la solvabilité des banques je crois que c'est le dernier moyen de spéculer en sécurité .

Bien à vous

A.Chichery


gigi 21/10/2011 19:39



Le MONEP n'est pas un endroit où on spécule "en sécurité"... Cmme tout marché, il y a des risques. Cepandant, il est aussi sûr que le marché action, car la chambre de compensation veille. C'est
un marché organisé. Ceci étant, si vous êtes vendeur à découvert ("short"), vous pouvez théoriquement perdre plus que votre mise. En pratique, cela n'arrive pas, car le courtier coupera votre
position avant que vous ne soyez négatif (enfin, les bons courtiers...).


Il se protège ainsi, tout comme il vous protège de la ruine.


Ces préalables étant rappelés, en "vendant du temps", on finit toujours par être gagnant, même si c'est loin d'être systématique, comme vous le voyez sur le portefeuille dérivé témoin (c'est un
portefeuille géré comme étant le suivi du CAC40, en ayant un biais haussier). Et malgré la chute de 50% en un peu plus de 3 ans, le portefeuille ne perd presque rien, après être passé largement
positif cette année. Mais les montagnes russes ne sont pas pour tout le monde, car la performance a un prix: la volatilité (dûe au levier de 2).


Envoyez moi un mail pour prise de contact, afin de répondre spécifiquement à vos questions privées, via le site. Je tacherai d'y répondre le mieux possible.